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Larrousse : La vérité sur ses derniers instants en F1 – Partie I

Posté le 2 février 2008 dans la catégorie : Histoire F1

Larrousse 1993 (c) F1Wolf

Larrousse 1993 (c) F1Wolf

Avant Prost Grand Prix et après Ligier, l’équipe Larrousse a été la dernière écurie française en Formule 1. Un petit artisan qui durant sept années a fait de la F1 par passion avant d’être rattrapé par l’argent. Pourtant après une saison 1994 catastrophique sportivement et financièrement, un épisode a été oublié : Larrousse aurait pu survivre ! Récit des quatre derniers mois de l’équipe tricolore…

L’écurie Larrousse reste un cas à part dans l’histoire de la Formule 1 en France. Peu soutenue financièrement, en comparaison de Ligier à la même époque, et moins aimé que Prost Grand Prix pour le même résultat sportif. La débâcle a été provoquée, lorsqu’en 1993… Peugeot décide de faire de Larrousse, la base de son arrivée dans la catégorie reine. Pour le constructeur français, il y avait deux projets : Un premier de Jean Todt qui consistait à créer une F1 100% Peugeot, à la manière de Ferrari. Et un autre projet de Jean Pierre Jabouille consistant à construire un moteur pour équiper une écurie, comme Renault. Mais entre les deux, un concept hybride est né et causera la perte de Larrousse. L’idée était de racheter l’équipe Larrousse et d’initier le projet Jean Todt à moindre frais. En ce sens, le constructeur français avait signé une lettre d’intention avec l’équipe tricolore. Gérard Larrousse trop content de disposer d’un avenir pour son écurie basée à Signes, démarcha BSN (Danone) qui signera un contrat à long terme avec l’équipe, sur la base de cette fameuse lettre d’intention du groupe PSA.

Mais McLaren est passé par là et l’écurie Larousse dû se rabattre sur un V8 Ford, aidé en cela par Flavio Briatore qui cédera également les plans de sa boite de vitesse semi-automatique. BSN signera un contrat de 30 Millions de Francs : Trois fois moins qu’initialement prévu !

1995 : Larousse est inscrite dans la liste des équipes du Championnat F1 de cette année là, mais presque tout le monde sait que son avenir est incertain d’ici le mois de mars.

Larrousse a lutté financièrement depuis la fin de la saison précédente entre des pilotes payants mais également des salaires impayés. Ceci a provoqué des frictions entre les actionnaires de l’équipe et retarde la production de la nouvelle monoplace qui est toujours conçue par Larousse R.U Ltd, dirigé par Robin Heard, lui-même actionnaire de l’équipe. Mais aucun paiement n’arrive et la voiture ne dépassera pas le stade du plan, même si l’espoir de la voir rouler un jour est encore présent. Alors, il a été décidé de faire participer la monoplace 1994 adaptée aux règles du Championnat 1995. Les actionnaires demandent en parallèle que l’équipe revoit son organigramme et son organisation générale, en s’associant avec une écurie qui a déjà une voiture de course construite. Larrousse se tourne vers Lola, un vieux partenaire, mais une vieille affaire financière entre les deux entreprises anéantie cette solution. Reste plus qu’une option pour Larrousse… Celle de s’associer avec DAMS.

DAMS est une écurie co-dirigée par Jean Paul Driot et René Arnoux. Cette équipe a été multiple fois Championne en F3000 et reste le tremplin de nombreux pilotes français avant leur arrivée en Formule 1. Mais, Jean Paul Driot voulait passer à la discipline reine dès 1995. Dans ce but, il commanda à Reynard un châssis, mais l’équipe n’est pas inscrite au Championnat du Monde 1995 : Le budget restant un souci important. Cependant, la voiture est prête et a été montée par une société nommée Brunet-SICAP, filiale du groupe français SNPE qui construit déjà le châssis de la SIMTEK Ford de 1995.

Jean Paul Driot et Gérard Larrousse se sont rencontrés plusieurs fois durant l’hiver 1994/1995, de manière informelle. Gérard Larrousse a bien essayé de proposer à DAMS de faire courir ses châssis pour la saison 1995, mais cela n’a pas dépassé le stade espéré. Larrousse est une équipe qui ne dispose pas d’usine proprement dit, mais d’un atelier de montage, tandis que DAMS est une équipe qui possède ses propres structures au Mans. DAMS n’est donc pas intéressée par la proposition de Larrousse. Mais en se rapprochant de l’équipe de Signes, elle économiserait toutefois 1.30 Millions de dollars de frais de voyage. Pendant que Gérard Larrousse fait les yeux doux à DAMS, poussé en cela par ses actionnaires, cette dernière décide de repousser d’une année son arrivée en Formule 1.

Les discussions sont encore retardées par le fait que Gérard Larrousse n’est pas le propriétaire unique de son équipe. Il possède seulement la moitié des parts, les autres actionnaires sont Patrick Tambay, Michel Golay et Robin Heard. Côté pilote, Erick Comas, déjà présent en 1994, est retenu par lettre d’intention, mais ne dispose pas de contrat pour 1995.

Avec le temps, les accord avec DAMS ont été partiellement conclus, mais un seul châssis, sans aucune pièce détaché sera construit : Toutefois les prévisions annoncent un deuxième modèle. Celui-ci serait totalement terminé un mois avant la première course du Championnat 1995. Quelques semaines plus tard, Jean Paul Driot, le patron de l’équipe DAMS dévoile qu’il abandonne ses plans F1 pour 1995, faute de sponsors. Il annonce également son intention d’être présent en 1996, confirmant ainsi ses premières intentions.

L’annonce de Jean Paul Driot est la dernière chance dans les négociations avec Gérard Larrousse, car sans DAMS, l’équipe française n’a aucun châssis pour 1995. Une nouvelle approche est faite entre les deux hommes. L’idée est que DAMS fabrique pour la saison 1995, le châssis de l’écurie Larousse. Mais, Jean Paul Driot souhaite faire courir ses monoplaces sous son propre nom ou alors il accepte l’accord en échange : D’une part significative du capital de l’équipe Larrousse ! Les jours passent et rien n’évolue. Une seule solution : Que Larrousse achète les châssis à DAMS. Nous sommes fin janvier 1995 et Jean Paul Driot joue l’affaire de manière politique, car Ligier étant anglaise (rachetée par Flavio Briatore et dirigée par Tom Walkinshaw), Larousse étant presque morte : DAMS serait la seule équipe hexagonale et hériterait logiquement de certains financements de l’écurie Ligier (surtout ELF et Loto). Soit environ 120 Millions de francs. Mais surtout, Jean Paul Driot pense séduire Peugeot pour 1996 voir 1998.

De son côté, Gérard Larrousse pense toujours qu’il peut courir en 1995, malgré le fait qu’il n’ait pas de monoplace réglementaire.

L’espoir d’une association entre l’équipe Larrousse et DAMS est abandonnée au début du mois de février 1995 et cette dernière annonce qu’elle disputera le Championnat de F3000. Elle garde toutefois un œil sur son projet F1 pour la saison 1996. L’annonce confirme qu’une association entre les deux équipes (Larousse et DAMS) est au point mort !

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2 Commentaires pour “Larrousse : La vérité sur ses derniers instants en F1 – Partie I”

  1. [Archive] - la fin de l’histoire Larrousse dit:

    [...] La vérité sur les derniers instants de l’équipe Larrousse (partie 1) [...]


  2. Larrousse : La vérité sur ses derniers instants en F1 - Partie II dit:

    [...] Avant Prost Grand Prix et après Ligier, l’équipe Larrousse a été la dernière écurie française en Formule 1. Un petit artisan qui durant sept années a fait de la Formule 1 par passion avant d’être rattrapé par l’argent. Pourtant après une saison 1994 catastrophique sportivement et financièrement, un épisode a été oublié : Larrousse aurait pu survivre ! Récit des quatre derniers mois de l’équipe tricolore. Voici la deuxième partie… Pour lire la première partie de ce dossier : C’est juste ici ! [...]



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